Un curragh échoué sur le sable

La mer déposa un petit curragh sur le sable. Les brumes de la nuit se diluaient dans une luminosité froide et bleutée. On distingua une petite forme sombre descendre de l’embarcation et sauter prestement sur la plage en évitant de se mouiller les sabots.

23 février 2006

Rouleau d’écorce de bouleau N°12

Rouleau retrouvé dans un sac de peau sous le banc de nage du curragh.

 

Finalement, je reprend la plume.

bleiz_02
Je ne l’avais plus touchée depuis l’enserrement de Merlin par Vivianne dans la forêt de Brocéliande. J’ai conté toutes ses aventures pendant de longues années. Elles ont, bien heureusement, été maintes et maintes fois reprises, réécrites, transformées. Ce qui a permis de faire connaître cette histoire au monde entier. Car sans le remaniement de mes feuillets par des écrivains chevronnés, qui aurait pris la peine de lire ces pauvres lignes mal rédigées ? Il faut avouer qu’un loup a l’esprit simple et formule ses pensées tout aussi simplement, même si sa vie est complexe, éternelle et multiple.
Je suis Bleiz le loup lorsque je cours à quatre pattes, que je renifle les pistes marquées sur le sol, que j’écris avec de l’encre de coquelicot sur des feuillets d’écorce de bouleau, que je hurle à la lune ou que je me gratte les oreilles avec la patte arrière. Et je suis Keridwen la sorcière lorsque je reprend mon petit pas trottinant, mon dos bossu, mes doigts crochus et mon cabas sous le bras. Keridwen est née de la nuit des temps et d’un matin de rosée. Elle s’est éveillée à la Création pour garder le chaudron de Dagda. Jeune, elle était d’une grande beauté et connaissait tous les secrets de la nature. C’était une puissante magicienne capable de soulever les tempêtes et de détourner les astres de leur cours. Elle eût trois enfants de Tegid le Chauve, roi du Lac Bala. Le troisième, Afang Du fut la cause de la perte du chaudron par la faute de Gwyon Bach. Tout le monde au pays de Cymru connaît son histoire. Et Keridwen vieillit de chagrin et de vexation au cours de l’interminable quête.

Mais je suis aussi Mabd la corneille voyeuse et voyante, Twrch Trwyth le sanglier courant, Kuan le hibou, Eog le saumon ou Melygan le cheval et toutes les formes de la Création lorqu’il me plaît de le devenir.
J’ai parcouru la forêt sur les pas de Merlin. J’ai guerroyé de châteaux en châteaux et de villes en ports avec Arthur. J’ai traversé maintes et maintes fois les deux pays de Bretagne. Et j’ai vogué sur la mer à la recherche d’aventures.

Avec Arthur et ses chevaliers nous avons pris la mer sur de lourds vaisseaux de bois à fond plat et bords hauts, gréés de voiles de cuir, nous avons affronté l’Océan aux vagues grandes comme des montagnes, furieuses comme un troupeau d’étalons sauvages, noires comme les nuits d’hiver, blanches d’écume légère et rouges des soleils couchants vers lesquels nous voguions.
Une île nous est apparue, toute hérissée d’écueils, toute entourée de brumes, flottant entre deux eaux. Longtemps nous avons cherché un hâvre où l’aborder sans encombre. Des jours durant nous avons flotté dans le brouillard, frôlant les crocs acérés des rocs, scrutant le long des rives une crique où jeter l’ancre.

 

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Et un matin de fleurs et de papillons la côte s’est ouverte sous la proue de nos bateaux. Nous avons accosté sur le sable doré d’une belle courbe de plage accueillante. Une source fraîche surgissant en cascade de la falaise et baignant un bassin de galets bleus put abreuver nos hommes et nos chevaux. L’air doux et léger embaumait nos narines éprouvées par l’iode marine d’un parfum envoûtant de pomme mêlé d’ajonc.
Les hommes installèrent un camp au plus haut de l’estran et commencèrent à pêcher qui tourteaux, qui praires grasses et s’amusaient de les cueillir si facilement à pleins paniers. Les braises du foyer furent vite nourries au bois flotté et les chants ne tardèrent pas à accompagner le gavage des estomacs.
Arthur choisit les plus valeureux de ses chevaliers et nous partîmes explorer l’intérieur de l’île. Ké découvrit un escalier de pierre au creux d’une faille de la falaise. Hardiment, il grimpa le premier, taillant un passage dans l’ajonc et le genêt de sa vaillante épée. Arthur le suivit et moi je m’attachai à ses talons.
Nous arrivâmes sur un sentier bordé de talus bas séparant des prés où paissaient une multitude de moutons. D’un côté du chemin les moutons étaient noirs, de l’autre côté ils étaient blancs. Chose curieuse, lorsqu’un mouton blanc sautait le talus et traversait le chemin pour entrer dans l’autre pré, il devenait aussitôt noir. Et quand un mouton noir traversait à son tour, il devenait immédiatement blanc.
Nous marchâmes longuement le long des prés puis le chemin s’élargit pour permettre un passage de charrette quand nous arrivâmes à des vergers. Jamais aucun d’entre nous n’avait contemplé plus beaux vergers. Les arbres étaient larges et hauts. Trois hommes se tenant les mains n’auraient pu entourer un de leurs leur troncs. Sept hommes posés les uns sur la tête des autres n’auraient pu toucher leur sommet. Certains étaient encore tout roses de fleurs alors que d’autres ployaient sous le poids d’énormes pommes luisantes d’or veinées de rouge sang. D’autres plus loin perdaient leurs feuilles brunes et dorées qui s’envolaient vers ceux aux troncs noirs et branches nues habillées de lichens et de givre.
Puis le chemin s’élargit encore et bientôt fut pavé de larges dalles de granit poli et brillant. Un palais de verre apparut dans le lointain à nos yeux étonnés. Lorsqu’enfin nous approchâmes de la forteresse, vint à notre rencontre un éblouissant cortège de jeunes femmes, dont la beauté était aussi difficile à regarder que le soleil. Elles nous escortèrent jusqu’à une salle au plafond perdu dans le ciel, soutenu par des colonnes de pierres précieuses. Le sol était couvert d’or pur et reflétait la lumière des murs de verre. Au bout de l’immense salle, une magnifique jeune femme à l’étincelante chevelure noire bleutée, vêtue d’une somptueuse robe écarlate était assise sur un trône d’argent massif.
« Keridwen, ma sœur bien-aimée ! » S’exclama-t-elle. Morgane, car c’était elle, se leva et s’approcha de notre roi  « Soit bénie de revenir parmi nous accompagnée de mon illustre frère ! Arthur, quel honneur de te recevoir en ma demeure. Puisses-tu goûter aux plaisirs d’Avallon pour qu’enfin tu restes auprès de moi ! Soyez les bienvenus Chevaliers au festin qui vous attend ». La reine des fées embrassa très chaleureusement son demi-frère qui resta de marbre et lui tendit malgré tout poliment sa joue barbue. Au son de la voix de Morgane, je repris le visage de ma jeunesse et fut revêtue des habits qui furent miens avant la quête, parée des bijoux que j’affectionne lorsque je reviens en Avallon. (Voyez mon portrait ! )keridje
Morganne est traîtresse comme chacun sait et Arthur ne se prit pas au piège. « Chère Morgane, nous avons trouvé ton palais par hasard en nous aventurant vers l’Ouest. Nous ne pouvons accepter l’offre de ton accueil car nous savons ce qu’il nous en coûterait. Soit cependant assurée de notre admiration pour toutes les merveilles d’Avallon, mais permets que nous reprenions au plus vite nos navires car l’aventure ne souffre pas l’attente.
_ Quelle méfiance, Arthur au noble cœur, va emmène tes chevaliers mais je garde tes équipages puisqu’ils se sont nourris des fruits de nos rivages. Une seule chose avant de reprendre les flots : viens contempler l’objet de la quête avant qu’il ne disparaisse à tes yeux. Vois ce chaudron de connaissance et d’imortalité comme il chauffe doucement au souffle de mes sœurs. »
Arthur et moi nous approchâmes de l’endroit désigné par Morgane. J’eus à peine le temps d’entr’apercevoir le chaudron par dessus l’épaule d’Arthur que tout disparut à nos yeux. Chaudron, palais, fées, ors et jardins. Je sentis le pelage de Bleiz reprendre place sur ma peau et mes colliers s’évanouir. Les vergers firent place à des landes pelées par les vents, les moutons disparurent, les prés et les chemins également. Nous retournâmes en hâte à nos vaisseaux et trouvâmes, comme nous le prévoyions, la plage déserte. Nous reprîmes la mer avant de disparaître à notre tour.

 

Les écrits de Bretagne font l’objet d’un grand soin
Tandis que les vagues s’agitent tout autour

Taliesin

 

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02 juin 2006

Rouleau d’écorce de bouleau N°18

Retrouvé dans un sac de peau sous le banc de nage du curragh


bleiz_023En revenant sur l'île, Keridwen avait mystérieusement disparu, laissant sa nièce Ernestine toute seule pour affronter son destin. Elle s’était égarée dans la forêt de l’île, obnubilée par la recherche d’un plan d’ail des ours dont elle souhaitait récupérer les graines. Que désirait-elle soustraire de ces graines ? Nul encore aujourd’hui ne saurait le deviner ! Désespérée par son infructueuse quête, elle avait fini par disparaître totalement de ma pensée. J’avais pris sa place quelques temps auprès de Nessy.

Nous avions quitté les rives d’Ecosse depuis plusieurs lunes auparavant. Pour traverser les mers, Eog le saumon savant nous avait remplacés, Keridwen et moi pendant quelques jours, mais c’est une autre histoire qu’il me plaira peut être un autre jour de vous raconter. Nous avions débarqué sur l’île du nord de la Baie de l’Enfer après la centième nuit passée au large. L’été fuyait doucement.

Et j’avais à mon tour abandonné Nessy.


loup4
image Flickr

Je cheminai sans but sur l’île, flairant deci, delà, quelque trace de gibier, plus occupé de dégourdir mes pattes que de me chasser réellement. Je m’amusai du vol lourd d’un bourbon, de l’oscillation d’une fougère sur mon chemin, du parfum de l’entrée d’un terrier de blaireau, mais rien ne retint vraiment mon attention si ce n'est le plaisir de gambader dans l'air frais du matin. Je sortis de la forêt, remontant en zigzaguant d’un pas décidé, une sente qui grimpait à travers la lande, sans omettre de laisser ma signature à chaque coin de buisson.

J’arrivai à un promontoire dégagé quelque part au centre de l’île. Je m’assis, levant la truffe humide et frémissante aux embruns portés par la brise. Les yeux à demi fermés, j’ouvris mon cœur aux odeurs apportées par la bruine. Les oreilles bien dressées, j’ouvris mon cœur aux musiques offertes par le vent. Mes poumons s’emplirent d’un flot de sensations riches et diverses et je sentis les battements de mon cœur s’harmoniser à la complainte du vent.

Je devins brise et nuage, vagues lointaines et vols de cormorans, bruissement de fougères et roulement de galets sur la grève, parfum d’algues et de bruyères, sel, trèfle et soleil.

Contemplatif de la truffe, contemplatruffe.


bleiz
image Flickr





Le gouvernement français vient d’autoriser de tuer de six loups en 2006.

L’association loup.org vous invite à signer ici plusieurs pétitions qu'elle relaie pour la défense du loup à travers le monde.

http://loup.org/


coupledeloups
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Posté par KeridwenChaudron à 22:23 - Rouleaux d'écorces de bouleau de Bleiz le loup - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juin 2006

Rouleau d’écorce de bouleau N°6

Rouleau retrouvé dans un sac de peau sous le banc de nage du curragh
Réponse à un poême d'Orbiix, "Les mots de la sorcière"

   

lueur

   
   

J’ai marché longuement dans la forêt
J’ai hanté longtemps les rives des mers du monde
J’ai hurlé souvent bien seule dans la brume
J’ai plongé nue dans le gouffre et la fontaine

Du temps vécu nul ne saura ma peine
Des âmes perdues sous l’œil blanc de la lune
Toujours présente mais si peu féconde
Saurais-je ouvrir le coffre du secret ?

   

Posté par KeridwenChaudron à 23:08 - Rouleaux d'écorces de bouleau de Bleiz le loup - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juillet 2006

Rouleau d'écorce de bouleau N°4

Retrouvé dans un sac de peau sous le banc de nage du curragh, copié par Bleiz d'après un original très abîmé et incomplet
   
   

Aventures de Keridwen arrivée par hasard sur l'île du Purgatoire et rencontre avec Kama Jamshedpur le vampire

   
   
[L'histoire se passe sur un RPG nommé Le Purgatoire, devant les portes de la Bibliothèque de Dante, dont voici la description :
Les Portes de la Bibliothèque
Valérian Jooris, Leader des Insoumis

MessagePosté le: Mar Aoû 31, 2004 2:25 pmthot
Un étrange être tenant une ankh en équilibre sur une coupelle se tient au-dessus des immenses portes de la Grande Bibliothèque de Dante.
Il s'agit de Thot, le dieu égyptien de la sagesse, détenteur du savoir. Il s'agit également du Dieu ayant pour tache de peser les coeurs des morts afin de mesurer leur pureté. Lui encore qui il y a bien longtemps inventa les hiéroglyphes et écrivit le premier Livre des Morts. Qui avait-il de plus adapté pour garder l'unique bibliothèque ouverte à tous du Purgatoire? Il est là depuis longtemps, des millénaires: Les plus anciens écrits gardé dans la Bibliothèque en témoignent: Thot est et restera à jamais le gardien de ce lieu. Dieu de la lune, les égyptiens le représentaient soit sous la forme d'un babouin, soit sous la forme d'un homme avec une tête d'ibis. Les Insoumis l'adoptèrent comme symbole, choisissant à leur gré lequel des deux ils préféraient. La grande porte est divisée en six carrés, deux de largeur et trois de longueur. Sur les deux du dessus on peut voir Minerve et Athéna se faire face. Souvent amalgamées elles représentent toutes deux la sagesse. Chacune des autres plaques représente un dieu d'une autre religion ayant toujours le même point commun: être chez ses fidèles le symbole de la connaissance mais peut importe en quoi vous croyez: Tout le monde peut rentrer dans ce lieu de savoir comme le rappelle une petite et discrète maxime gravée au pied de Toth: "Dans la mort, il n'y a ni Prince, ni Mendiant." Petite phrase anodine mais peut-être plus réfléchie qu'on ne le croit.]


   

Keridwen

Keridwen, petite et chenue, voûtée et bossue, usée par le temps, rouillée par les ans, cheminait tristement sur les routes suivie de son chat. Tap, top, tap, top faisaient ses sabots de frêne sur les pavés du Purgatoire.
La mémoire prodigieuse dont elle s’était immodestement fait une fierté s’effaçait peu à peu sous l’emprise de ce lieu étrange. Et sa vue qui se brouillait un peu plus à chaque siècle, lui causait également grand tracas. Elle qui avait eu le regard d’un aigle le jour et celui d’une chouette la nuit, devait maintenant sortir de son sac les précieuses bésicles que lui avait offertes un gentil moine il y a longtemps de cela. Elle sourit en revoyant Adso au fond des labyrinthes de sa mémoire. La Rose n’avait pas de nom, et pour cause, un moine chrétien ne pouvait nommer une enchanteresse des temps anciens !
Elle n’avait toujours pas compris qu’elle n’était ni dans « ce monde-ci », que les humains appelaient « la Terre » ou « le Réel » ni dans « ce monde-là », ou comme on l’appelait « le Ciel », « la Mort » ou encore « le Paradis », voire « l’Enfer ». Mondes à travers lesquels elle avait l’habitude de passer au cours de ses multiples pérégrinations multimillénaires, empruntant un chemin brumeux, le fond d’un lac ou un corridor de cairn ou encore attendant le soir de la Samain, lorsque tout un chacun avait accès aux deux mondes s’il le désirait vraiment.
N’étant ni vraiment humaine, ni plus tout à fait déesse depuis qu’on l’avait oubliée sur Terre, elle n’avait plus de statut propre et errait perdue d’un monde à l’autre à la recherche de son chaudron. Jamais elle n’avait imaginé se retrouver dans un troisème monde entre les deux autres. Jamais elle n’avait même pu imaginer l’existence de ce monde. Elle n’avait plus écouté les sermons des prêtres depuis la perte de son précieux chaudron quelque part dans le temps entre le IVème et le VIème siècle après la naissance d’un bébé-dieu loin là-bas sur les bords de la Méditerranée. Elle ignorait donc l’existance de cette île où son curragh de peau avait échoué.
Fatiguée pour la première fois de sa longue vie peut être, elle s’assit sur un banc en face d’un grand bâtiment. Ses petits pas automatiques l’avait menée ici, en face des portes de la Bibliothèque de Dante. Elle sortit les bésicles de béryl clair de son cabas et les ajusta sur son nez ridé.
« Tiens, dit-elle, voici Thot le babouin ! »
Elle se mit soudain à rire franchement, de toute la gaieté refoulée depuis son arrivée ici.
« Thot, Plénitude des Dieux, qui connaît le nom du Maître de l’année, qui connaît la divine lumière, qui accomplit les formules magiques de l’Horus de la contrée de lumière, qui avale la connaissance intuitive de chaque dieu et se nourrit des poumons des sages … Gnagnagna et gnagnagna ! On croirait entendre ce fichu maudit entre tous les diables de Taliesin : Je suis le sage de la science primitive, je suis l’asrologue averti, je dis la solution des problèmes, je connais la loi de l’inspiration féconde, je sais combien nombreux sont les vents, les oiseaux, je connais la largeur de la Terre etc., etc. et tatatitatère. Bah si vous êtes si doués pourquoi vous connaît-on à peine plus que moi aujourd’hui, hein ! »
A l’évidence, les siècles n’avait pas entamé la terrible rancune de la vieille radoteuse envers le barde. C’était le point le plus stable sur lequel pouvait encore s’appuyer son pauvre esprit tourmenté. Elle prenait plaisir à retrouver les traces de sa vieille colère aux tréfonds de sa mémoire.
Puis elle admira les sculptures d’Athena et de Menerva (celle qu’on appelle Minerve) sur les panneaux de bois.
« Tiens, ils n’ont pas oublié le plus vieux des dieux, l’admirable Serpent qui se cache ici sous forme d’une décoration de la tunique d’Athena ! Il a le même rôle que l’Ankh de Thot, il représente l’essence de la Vie. Sa lance, que porte également Lug sur le panneau en-dessous, est le pilier qui relie les deux mondes, la chouette sur son épaule, s’oppose au Serpent qui est  la connaissance intuitive et complète son action par la connaissance spirituelle. Passons à l’autre image : Menerva, confondue avec Begoe, la nymphe qui offrit les livres aux humains. Au-dessous, je reconnais Brigit la Belisama et en face d’elle Lug le Belenos à la lance brillante. Chers amis que je n’ai plus revus depuis tant de temps ! Fronts brillants de la connaissance, vous méritez bien de figurer sur les portes d’une bibliothèque même si vous préfériez que les savants utilisent leur mémoire plutôt que ses prothèses de l’esprit que sont les livres. Que diriez-vous en sachant que les humains délaissent ses mêmes livres que vous abhorriez pour des machines électroniques, qui non seulement tombent régulièrement en panne, mais de plus changent rapidement de modèle et sont incompatibles avec leurs aînées d’à peine quelques quatre ou cinq années ! »
Perdue dans ses pensées amères la vieille Keridwen redevint songeuse à ce triste constat.
Allait-elle pénétrer dans la Bibliothèque ? N’attendait-elle pas plutôt que quelqu’un vienne doucement lui faire signe et gentiment lui parler et l’accompagner afin de ne pas affronter seule ces douloureux souvenirs ?
Elle posa son cabas sur le banc et entra dedans prestement. Elle en ressortit bientôt avec une galette-saucisse bien fumante roulée entre ses doigts, se rassis sur le banc et lança régulièrement quelques miettes à son chat tout en se délectant de son mets favori.
   
   
Keridwen
MessagePosté le: Mer Juin 15, 2005 10:36 am

« Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ? »
La petite Keridwen languissait de solitude. Assise sur son banc, les sabots ballants dans le vide, tant ses vieilles jambes étaient courtes, elle désespérait de rencontrer âme qui vive en ce lieu perdu. Qu’avait-elle pu faire pour subir un tel sort. Ses anciens amis les dieux de toutes natures, l’avait-ils reléguée dans ce maudit placard ? Elle dont la vie trépidante l’avait menée en de multiples et inombrables aventures, allait-elle devoir supporter le manque de compagnie en cet endroit inconnu ? Jamais encore, en peut être huit ou neuf mille ans, elle ne s’était à ce point sentie seule et désemparée.
L’enfer, c’est les autres, avait écrit un homme qu’elle avait rencontré au siècle précédent. Et ici, c’est bien pire, pensa-t-elle.
Elle se remémorait des poèmes d’un autre temps, songeant tristement aux quelques âmes égarées quelle avait tout de même rencontrées par ici. Le lieu n’était pas totalement désert mais chacun vaquait à ses petites affaires sans se soucier le moins du monde de sa présence.
« Courage, enfant déchue d’une race divine !
Tu portes sur le front ta superbe origine ;
Tout homme, en te voyant, reconnaît dans tes yeux
Un rayon éclipsé de la splendeur des cieux ! »
se récitait la pauvre petite déesse oubliée en sa morne solitude, essayant vainement de se donner un peu de courage. Son déjeuner de galette tirant sur sa fin, elle croqua une pomme rouge en espérant qu’un évènement la décide à bouger de son banc.

(suite ouverte à toute bonne âme généreuse et compatissante désirant accompagner un moment une petite déesse protéiforme)


Kama Jamshedpur
MessagePosté le: Ven Juin 17, 2005 11:31 am   
[Kama n'est pas exactement une âme généreuse et compatissante, mais si la compagnie d'un vampire avide de savoir ne vous dérange pas, il se fera une joie de deviser avec vous ;-) ]

   
Depuis qu'il avait quitté si informellement Azaly, Kama déambulait dans le dédale des ruelles du Purgatoire, observant le décor, essayant de mémoriser la carte de la ville. Sa marche solitaire n'était pas une errance sans but, une transition incertaine entre la nuit et le jour, mais était guidé par le désir de s'approprier les lieux jusqu'à en connaître les secrets. Ses pas n'étaient guidés que par son instinct et il bifurquait de travées à travées au hasard, suivant le flot fantaisiste de son humeur.
Peu à peu, le ciel se débarrassa du manteau étoilé qui l'avait recouvert d'une chape sombre toute la nuit, et la lumière glissa doucement de l'argenté au rosé, puis au doré. Lorqu'enfin le soleil émergea au-dessus des toits, Kama s'arrêta un instant et le contempla. Il voyait l'astre pour la première fois depuis plusieurs centaines d'années sans crainte d'être consumé, et se laissa envahir avec une certaine méfiance et un soupçon de regret par la chaleur des rayons d'or. Il frissonna. Étranges picotements qui pénétraient sa chair et couraient le long de son épine dorsale ! Il resta ainsi un long moment, visage et paumes offerts au ciel, tournés vers lui... Il savoura cet instant unique, se remémorant la dernière fois qu'il avait vu l'astre : son dernier coucher de soleil... il pleuvait ce jour-là, quand il avait fait ses adieux au jour pour rejoindre le monde nocturne.
Le vampire cligna des yeux, secoua la tête en signe de refus, comme pour signifier que malgré la beauté de l'aube rosissante il préférait la lumière veloutée de la lune, et repris sa promenade. Il déboucha sur une petite place que dominait un imposant bâtiment aux portes gigantesques ornés de peintures antiques, et surmontées de l'inscription « Bibliothèque de Dante ».
Egypte Ancienne et Grèce Antique, si je ne m'abuse...
Soudain, son puissant odorat détecta une odeur de nourriture chaude et grasse, par dessus laquelle flottait une senteur sucrée et acidulée. La place n'était pas déserte, mais les quelques passants qui circulaient étaient trop pressés pour porter attention à sa haute silhouette noire, et il ne voyait personne manger. Il tendit l'oreille et distingua parmi la rumeur de la ville une petite voix flûtée mais étouffée, et quelque peu éraillée. Il tourna la tête et aperçut alors une petite vieille femme assise sur un banc, juste en face des portes. Elle balançait nonchalamment ses courtes jambes tortes dans le vide, croquant une belle pomme rouge à pleine dent, et marmonnait entre ses dents. Kama distingua à grand peine quelques mots à propos d'une race divine et de la splendeur des cieux.
La vieille femme portait une étrange coiffe blanche, et ressemblait aux sorcières des contes de fées. Plus exactement, elle lui faisait penser à la Béfana de son enfance.
L'arrogant vampire ne s'intéressait d'habitude pas aux personnes âgées, exception faite de la grand-mère qu'il avait eu et lui avait légué son amour pour le mystère, mais qui était morte trop tôt. Il y avait si longtemps... Pourtant, cette petite vieille au grand cabas l'intriguait. Elle observait la place avec de petits yeux dont l'éclat malicieux éclairait son visage ridé, et soi que Kama ait été remué par l'éclat du soleil, soit qu'elle ressemblait décidément trop à la Béfana, il se décida à aller la voir.
Il traversa quasi-instantanément la place en quelques grandes enjambées trop rapides pour être vues par un simple mortel, et se campa devant la vieille dame, tout en se demandant encore la raison de son action. De sa politesse un peu désuète pour certains, mais avec ce raffinement auquel il tenait tant, il s'inclina légèrement et la salua :
« Je vous souhaite un bon appétit Madame, et vous prie de m'excuser d'interrompre votre déjeuner. J'ai été attiré par l'odeur acidulé de cette splendide pomme rouge, symbole pour moi non du péché, mais de la connaissance et du mystique. Or donc il m'a semblé trop incongru et trop symbolique qu'une dame qui ressemble à la Béfana mange une pomme en face d'une bibliothèque pour que je puisse me retenir de vous aborder. »

 

La folie chevauche le vent céleste...
Des griffes et des dents effilées sur les cadavres séculaires...

La mort sort des ruines obscurcies par la nuit...

   
   

Keridwen
MessagePosté le: Jeu Juin 23, 2005 2:41 pm   
[Qui d’autre que ce charmant vampire érudit pouvait accompagner la vieille petite sorcière dans un dédale de livres ? La lecture hante même les rêves de ceux qui s’adonnent sans mesure à ses charmes et ses adeptes les plus fervents se sentent liés par delà l’espace, le temps et les toiles d’araignées ;-) ! Nota bene : la Befana ne porte de pas de coiffe bretonne, bigre de barbe de bouc ! Comment les confondre ! Ceci dit, elle et Keridwen sont sans doute deux avatars de la même divinité originelle, de même qu’Athena, Menerva et Brigit, fille, sœur, épouse et mère du grand Dagda. Mais cessons-là ces digressions et faisons place à la suite … dans la mesure de mes pauvres moyens d’écrivain(e) plus que médiocre.]

Serait-ce l’événement qu’elle attendait ? Un homme de haute taille, tout de sombre vêtu, surgit soudainement face à la vieille petite sorcière. Eloquent et poli, curieux et érudit, l’homme aux étranges manières arrivait à point. D’abord étonnée, elle se réjouit finalement qu’une telle créature vienne l’aborder. Le sourire de chat du vampire n’avait pas échappé à l’œil averti de Keridwen.
« Tiens donc ! Quel est ce pays merveilleux où un seigneur de la nuit se promène au grand jour ! Vous connaissez ma cousine Epiphanie, la Befana, toujours en quête elle aussi ! Rien d’étonnant que vous nous confondiez. J’espère qu’elle ne vous aura pas apporté trop de charbon quand vous étiez enfant ! Hi, hi, hi ! » dit en riant la malicieuse vieille petite sorcière.
Elle ouvrit tout large son vieux cabas, rajusta ses bésicles, fouilla à l’intérieur pour en sortir une autre belle pomme rouge.
« Désirez-vous croquer une pomme pour vous changer ? Il semble qu’en ce pays rien ne vous soit impossible ! Tenez, taillez-la donc par le travers, vous verrez le pentagone, cher aux tortilleurs d’esprit. » Ajouta-t-elle en le provoquant gentiment et en lui tendant un petit couteau de cuisine. « Le petit bonhomme de pépins, pour ceux-là, représente l’homme, créature divine entre toutes paraît-il, ah ça ! Et toi le chat qu’en penses-tu ? Et du coup, ce fruit représente aussi la pensée, que les hommes se croient les seuls à détenir, donc la connaissance et par suite le péché, ce qui finalement va s’avérer vrai si les hommes continuent sur cette pente. Cornes de bouc et barbe de bique ! » marmonna Keridwen.
« Sans doute êtes vous suffisament acclimaté à ce pays pour m’en décrire les us ? » demanda-t-elle au vampire. « Je cherche à entrer en cette bibliothèque afin d’effectuer une recherche, mais je ne sais pas comment m’y prendre. Comme vous le savez, toute question posée porte en elle une part de la réponse, c’est pourquoi je peine autant à poser les bonnes questions et ne sais de quelle façon commencer. De plus, la crainte d’être, une fois encore, déçue de ne rien trouver freine mon enthousiasme. Je serais donc ravie de me sentir moins seule dans ma quête. Pourrais-je vous demander de me guider en ce lieu si le temps ne vous est pas trop compté ? »

   

Kama Jamshedpur
Posté le: Ven Juil 22, 2005 2:04 pm 
[hs : Je proteste, je ne veux pas me faire transformer en gargouille à verrue, que mon image soit restaurée immédiatement sinon je vais saigner quelqu'un à blanc]

La petite vieille éclata d'un rire malicieux, reflet d'une gaieté sincère et Kama découvrit ses canines pointues en un large sourire lorsqu'elle mentionna le charbon de la Béfana. Décidemment cette femme aux allures de sorcière traditionnelle était surprenante. Rien ne semblait lui échapper... Elle avait su tout de suite qu'il était un vampire, et il savoura l'appelation de « seigneur de la nuit », qui collait parfaitement avec ce qu'il ressentait. Seigneur de la nuit, mais humble le jour, quand les rayons du soleil venaient rebondir contre les pavés et les flaques d'eau, voilant la lune pour quelques heures.
La main sur laquelle étaient venus s'inscrire en sillon les années se tendit, les doigts courbés en crochet se déplièrent, et une pomme apparut dans la paume. Kama n'avait pas goûté de nourriture depuis des siècles, se contentant de l'extase du sang qu'il buvait, mais pourtant il n'hésita pas un instant et se saisit du fruit rouge rutilant et du couteau. D'un geste lent et calculé il le coupa en deux, et une moitié posée dans chaque main il observa le dessin des pépins, écoutant attentivement les explications de la petite femme, et ne put s'empêcher de sourire à l'expression « tortilleurs d'esprits », une lueur d'intérêt brillant dans ses yeux.
Bien vu ! Quelle étonnante rencontre, qui semble ne pouvoir s'empêcher de révéler une partie du savoir qui doit sûrement être enfoui tout au fond d'elle, et dont on ne sait dire si elle se moque, et qui est si insaissable, alors qu'elle paraît elle-même saisir tant !
« N'est-ce pas incroyable qu'une chose aussi simple qu'une pomme coupée en deux puisse à elle seule signifier tant de choses pour celui qui sait lire les signes ? » demanda-t-il doucement.
« Il en va de même pour chaque objet que la Nature nous offre et chaque chose que l'homme construit. Les symboles sont là, et ne demandent qu'à être déchiffrés et interprétés, mais ce savoir se perd doucement et il est bien rare de croiser quelqu'un qui en possède encore une partie, ou qui du moins sait qu'il existe. L'homme croit posséder la pensée, mais ne craint le péché que parce qu'il est conscient des limites de la connaissance que celle-ci peut lui apporter, et qu'il lui paraît être un mal de vouloir égaler ceux qui savent depuis plus longtemps que lui, mais que lui même a oublié. Inconsciemment l'homme connaît les frontières de sa conscience, mais il ne veut pas les accepter et sombre alors dans le chaos intérieur, oubliant les sources dont il est issu. »
Il reposa le chapeau de la pomme sur la base de celle-ci et son bras sombre se tendit tel une ombre vers la femme.
« Etrange en effet est ce pays où la lumière ne brûle plus celui qui vit la nuit, mais je ne renie pas pour autant ma nature, et vous rend ce fruit que je ne mangerai pas. Croquez-le pour moi... Je ne connais pas encore très bien cette contrée, mais je pense en avoir appris assez pour vous la décrire si vous y tenez. J'accepte avec plaisir de parcourir avec vous cette bibliothèque, car je ne compte plus le temps depuis de nombreuses années. »
Il pensa furtivement à Azaly qui devait l'attendre quelque part, qui allait le chercher... Baste ! Il serait bien assez tôt de la rejoindre, et la nuit n'était pas prête de tomber une nouvelle fois. Le jour allait être long, assez long pour qu'il accompagne la petite vieille dans sa quête.
Il pivota sur lui-même et fit face à l'entrée de la bibliothèque, puis tourna la tête vers la femme comme pour indiquer qu'il était prêt et qu'il l'attendait.

   

Keridwen
Posté le: Sam Juil 23, 2005 12:11 am   
[Par curiosité, je me laisse tenter en vous laissant gargouille et vous offre ainsi la possibilité de vous servir de vos charmes, puisque vous n’êtes imprésentable que dans un unique message hors jeu : ) ]

« Dommage ! » soupira Keridwen en rangeant son petit couteau et la pomme coupée. Puis elle prit le chat par la peau du cou et le fourra sans ménagement au fond de son cabas. Elle sauta à bas du banc, secoua ses jupes afin d’évacuer les miettes de galette oubliées dans les replis de tissu gris, s’approcha du vampire et posa la main sur son coude en feignant de ne pas avoir remarqué qu’il ne lui avait pas tendu le bras.
Poli en parole, mais peu galant ! Impertinent et sûr de lui, sans doute passé trop jeune à cet état. songea la vieille petite sorcière.
« Croyez-vous vraiment que les signes soient cachés dans les objets et que peu de personnes sachent les lire ? Non, non, ils sont visibles et chacun les voient ou s’il ne les voit pas, les ressent. L’esprit humain, pour peu que le votre le soit encore un tantinet, vous conviendrez comme moi, fonctionne par association d’images. Voyez comme ce fruit vous a attiré ! Pour un autre il aurait signifié nourriture et celui-ci aurait salivé. Vous, c’est votre soif de connaissance qui s’est révélé à la vue de cette pomme, mais êtes vous certain que la couleur rouge ne vous a pas rappelé la nourriture habituelle dont vous vous rassasiez ? Quelle analogie s’est présentée à vos yeux lorsqu’ils se sont posés sur cette petite figure de pépins, que vous m’ayez rendu aussitôt cette pomme ? Bien, je vous chahute, cher nouvel ami et ne veux plus vous importuner avec vos méchantes manies ! Mais vous avez raison lorsque vous dîtes que l’homme sombre lorsqu’il perçoit ses limites. C’est un réflexe bien animal de montrer les crocs quand on a mal, même à l’ego, et de se venger sur le faible. Veuillez à nouveau m’excuser pour ces rapprochements d’idées ! ». La vieille petite Keridwen accompagna cette dernière phrase d’un nouvel éclat de rire qui la fit presser le bras de Kama de ses doigts crochus.
Cette rencontre l’amusait beaucoup. C’était un compagnon idéal pour explorer la bibliothèque. Elle sentait dans l’érudition dont faisait preuve le jeune vampire qu’il avait un besoin plus grand encore d’enrichir ses savoirs, une quête aussi sombre et profonde que la sienne avec un but aussi peu intelligible, aussi peu défini. Puisqu’il avait décidé, à regret cependant, lui avait-il semblé un fugitif instant, de l’accompagner quelques moments, Keridwen en profiterait pour l’interroger sur ce goût particulier de la lecture dont il était indéniablement touché.
« Pensez-vous que nous trouverons en ce lieu de quoi assouvir nos envies de recherche ou bien allons-nous nous perdre dans un labyrinthe que nous creuserons sous nos pas ? Que sont pour vous les livres ? Des éléments de réponse ou le prétexte de questionner toujours plus ? Après quoi court-on lorsqu’on parcours des lignes ?»

Courage enfant déchu d’une race divine
Tu portes sur ton front ta superbe origine

   
   

Kama Jamshedpur
Posté le: Mar Sep 13, 2005 2:54 pm   

La main de la petite vieille s'accrocha à son bras, et d'un coup il fut frappé par un détail : il ne savait toujours pas qui elle était, et il se fit la réflexion intérieure qu'il n'allait pas lui demander son nom si tôt après leur rencontre, car il présentait qu'elle appartenait au passé et à un monde qui lui échappait et que beaucoup plus de choses qu'il n'en saurait jamais se cachaient en elle.
Or il savait pertinemment que donner son nom revenait à se révéler et l'étrange dame qui auréolait ses réponses et surtout ses questions ne semblait pas décider à se révéler. De plus, il ne voulait pas non plus se livrer, il sentait trop de puissance retenue ou oubliée en elle, et ne voulait pas qu'on vole ce qu'il lui restait d'âme. Donc il ne serait pas question de nom. Précaution qui était de plus en plus fréquemment oubliée semblait-il... Il se rappela l'époque où l'on ne déclinait jamais son identité réelle, mais la liste de ses surnoms, et il était bien décidé à agir de même.
Il se dirigea d'un pas décidé vers la bibliothèque, et avant d'en pousser les portes imposantes, il esquissa ce qu'elle appelait son sourire de chat avant de lui répondre.
« N'est-ce pas vous qui avez dit que chaque question contenait sa part de réponse ? Il en va de même pour celles que vous venez de me poser. » répondit-il avec ironie.
Comme si j'allais répondre ce qu'était pour moi les livres... Très chère inconnue vous me provoquez ! Je ne me livrerai pas comme ça, il faudra user de plus de charme pour m'avoir. Je ne suis pas si facile à cerner que j'ai l'air de l'être pour vous qui par contre ne l'êtes pas du tout.
« Diable ! Ni l'un l'autre ne trouverons sûrement jamais la même chose dans cette bibliothèque, même en y cheminant côte à côte. Et quel besoin d'avoir un prétexte pour questionner ? La voie vers la sagesse ne commence-t-elle pas par l'acceptation de l'ignorance ? »
Aidé de sa force naturelle, il n'eut même pas besoin de s'appuyer de tout son poids sur la porte pour qu'elle s'ouvre. Une simple pression de la main suffit, et la bibliothèque s'offrit à eux. Il maintint la porte ouverte, et le chapeau à la main se fendit dans une courbette moqueuse.
« Que la bibliothèque de Dante vous accueille, et puisse-t-elle vous aider à trouver les réponses aux questions que vous ne savez pas formuler ! »
dès qu'il eurent tous les deux pénétré dans l'orifice, la porte se referma doucement derrière eux et après un grincement plaintif, le déclic de la fermeture se fit entendre.
« Alea jacta est ! » grimaça-t-il, et cette fois il pris bien garde à tendre son bras à la petite vieille.

La folie chevauche le vent céleste...
Des griffes et des dents effilées sur les cadavres séculaires...
La mort sort des ruines obscurcies par la nuit...

   
   

Keridwen
Posté le: Lun Sep 19, 2005 9:49 pm   
[Quand neuf mille ans comme moi tu auras, moins retors tu seras GRRRR !]

« Connaîtriez-vous les légendes celtiques Messire de la Nuit ? » demanda tout à trac la vieille sorcière en entraînant le vampire dans les rayons colossaux de la grande salle. Elle le dirigea d’instinct en agrippant son bras vers le coin le plus reculé, le plus sombre et le plus mystérieux de la bibliothèque, celui dont les volumes mal empilés les uns sur les autres sur des étagères sans âge étaient uniformément grisés par le temps et couverts de poussière. Keridwen lâcha le bras du vampire quelle avait maintenu fermement pendant le trajet et farfouilla quelques secondes dans son cabas. Elle en sortit une invraisemblable balayette de plumes rouges et vertes dont elle commença de se servir pour épousseter les livres à sa portée, ce qui lui provoqua inévitablement une crise d’éternuements sonores.
« Râtchaka tchîîî, râtchoumelâââ, râââtchîmelou ! » éternua la petite dame qui rangea prestement son plumeau et sortit de son vieux sac un immense mouchoir à carreaux pour se moucher bruyamment. Le chat profita du malaise passager de Keridwen pour surgir hors du cabas. Il alla fouiner sous les rayons à la recherche possible d’un muridé isolé. Songeuse , légèrement hésitante, voire quelque peu inquiète, la petite sorcière ne vit pas le matou décamper.
Elle rajusta sa coiffe et replanta vivement les épingles dans ses tortillons de cheveux argentés. « Pardonnez-moi cher ami. Donc, revenons à nos mouflons, auriez-vous entendu parler de la grande quête, je veux dire du chaudron perdu des Celtes, le chaudron du Grand Dagda ? » se livra soudain la petite vieille sans défiance envers cet être aux mœurs sanguinaires.
Peste de bourrique, que vas-tu questionner ce jeune homme blafard sur le mystère du monde ! Va-t-il y comprendre miette le bougre ? Sa belle mine émeut la vieille carne que je suis et son discours mielleux m’aura fait perdre caboche. Bien, bien, bien, c’est vrai que le quidam semble avoir lu quelques pages et rouleaux, allez vas donc espérer une réponse de ce drôle, maudite mûle abatardie d’onagre que je suis ! marmona dans sa barbe la vieille folle.

Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

Kama Jamshedpur
Posté le: Mar Sep 20, 2005 5:45 pm   

Kama accorda son pas au trottinement menu de la vieille petite dame et se laissa entraîner jusqu'à ce qui paraissait être le fin fond de la bibliothèque. Les étagères croulaient sous les volumes empoussiérés, refuges plusieurs fois centenaires d'une collection d'araignées sûrement impressionnante par sa diversité. Les sens exercés du vampire discernaient l'odeur du papier vieilli et de l'encre sous l'amas de poussière. Il respira à pleins poumons, s'emplissant du parfum des vieux livres avec délectation. La bibliothèque était silencieuse, si l'on exceptait le raclement des griffes des rats, perceptibles seulement pour une oreille aussi fine que la sienne. Le chat aussi avait du les entendre, car il surgit soudain hors du cabas et se lança à leur recherche.
Kama tressaillit à la question de la sorcière, si s'en était une. Les légendes celtiques ? Le chaudron de Dagda ? Ainsi c'était cela... Elle l'avait entraîné dans le recoin le plus sombre du bâtiment pour l'entretenir des mythes les moins clairs qui soient... Comme tout amoureux des mystères, il s'y était déjà penché, avait fait le lien entre le Graal et la légende beaucoup plus ancienne de Dagda.
Le Graal... la coupe qui aurait recueilli le sang du Christ, le Graal qui donne la vie, et ne se vide jamais, le Graal accompagné de la « la lance dont le fer saigne, jamais si sec qu’une goutte de sang n’y pende » ... Il avait découvert avec lui les mythes celtes, cependant ce n'étaient pas eux qui l'avaient attiré vers lui mais le double mystère de la vie et du sang, du sang et de la mort...
On n'évoquait pas d'aussi sombres et anciennes légendes sans raison, à la légère. Où donc voulait-elle en venir ?
« Certes, j'ai entendu parler de la Grande Quête... Celle qui a commencé il y a si longtemps que l'on ne s'en rappelle plus, et qui durera aussi longtemps que mourront les hommes... Qu'on le nomme Chaudron de Dagda, Graal ou qu'on préfère ne pas le nommer, il y aura toujours quelqu'un pour chercher cet artefact. »
La vieille femme le cherchait-elle aussi ? Était-ce cela la question qu'elle ne pouvait formuler car elle ne pouvait y répondre ? Allait-il oser la lui poser ? Était-ce pour cela qu'elle lui avait demandé de la guider ? Parce qu'elle avait besoin d'être questionner pour accoucher de ses idées ? Comme dans un tout autre domaine Socrate avait exercé l'art de la maïeutique avec Platon... Il choisit avec soin ses mots pour la questionner, lui renvoyant la question qu'elle lui avait posé à l'entrée de la bibliothèque.
« Vous même, que cherchez vous ? Après quoi courrez-vous lorsque vous lisez ? Les indices que vous recherchez dans les livres, si tant est que vous en cherchiez, seraient-ils capables de transformer le tonneau des Danaïdes qu'est la recherche du, hum, savoir, en une corne d'abondance, vitale pour celui qui la possède ? »


une déchirure a séparé le rouleau en deux parties, dont ne subsiste que celle-ci, l'autre a disparu à jamais

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13 octobre 2006

Rouleau d’écorce de bouleau N°1

 Rouleau retrouvé dans un sac de peau sous le banc de nage du curragh 

bouleau_pierre

 

Le chaudron de Keridwen

   

j’ai été soleil, j’ai éclairé la lune et je suis née poussière de la terre
dans la bruyère j’ai poussé trop vite, et sous les embruns pas assez haut
j’ai été un jeune pin sur la lande
mes aiguilles ont couvert les fougères insolentes
et mon ombre celle des arbres voisins
j’ai été l’écureuil, le chat des bois élastique
et le vent m’a relâché
j’ai été le cheval clair doré Melygan
mes galops endiablés ont secoué les rochers de la grève
et j’ai sauté avec les moutons d’écume les blanches vagues
de mes sabots rapides j’ai parcouru l’Europe et les terres lointaines
le vent a soufflé à mes oreilles, cours ! et il m’a oublié
j’ai plongé
je suis devenue sirène et mes yeux verts l’innocent ont brûlé
j’ai été île, roc, volcan et lumière
puis l’éclair de mon regard s’est voilé
je suis le monstre des mers
devenue ocean, les petits du poisson je les ai enfantés
je suis devenue poule, sous mon aile les ai couvés
Eog le bondissant saumon savant je fus ensuite, et même pédant
puis j’étais Artio la mère ourse terrible qui mène à la chasse ses guerrières étoiles
je redevins bouleau, Keridwen à peau blanche, le beorc runique qui renaît, recommence
le beth mystique, le 2 de la maison, porte ouverte sur l’avenir
et j’ai porté le chamane au plus plus haut de mes branches fragiles
il est redescendu et maintenant il danse
plus jamais je ne porterai sa transe
et Bleiz le loup gris en sa forêt profonde
marche de son pas infatigable et lent son chemin solitaire
sans laisse sans collier si le vent le permet il deviendra chêne
il abritera le terrier et le nid
et dans ses feuilles chantera la blanche corneille

   

Posté par KeridwenChaudron à 21:03 - Rouleaux d'écorces de bouleau de Bleiz le loup - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 janvier 2007

C'est à la lune d'hiver que Keridwen traversa ...

Rouleau d’écorce de bouleau N°21

Rouleau retrouvé dans un sac de peau sous le banc de nage du curragh

Keridwen_Pau


C'est à la lune d'hiver que Keridwen traversa les mondes et qu'elle arriva sur Second Life.

Posté par KeridwenChaudron à 14:26 - Rouleaux d'écorces de bouleau de Bleiz le loup - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 février 2007

Korydwen et Le Rouge de Kenholl

Rouleau d’écorce de bouleau N°7

Rouleau retrouvé dans un sac de peau sous le banc de nage du curragh

C'est une histoire dans la tradition des gwerziou de Basse-Bretagne. La "gwerz" est un chant à caractère historique ou légendaire, les deux étant souvent mêlés dans un récit toujours dramatique, fréquemment
teinté de fantastique, de merveilleux et d'ésotérisme. Ce voyage de Korydwen est émaillé de nombreuses références à la mythologie irlandaise ou celtique.


plage_sepia

Voici donc les paroles d'une chanson de Tri Yann :

Korydwen et Le Rouge de Kenholl

Korydwen, Korydwen, pourquoi t'en être allée
au premier jour de mai de ta quinzième année,
fillette païenne, couronnée d'épis de blé;
à la fraîche fontaine, dans le bois aux sorbiers ?

De s'en venir de Vannes trois hommes, trois cavaliers,
au Pardon de Sainte Anne s'en allant chevaucher,
de Sainte Anne près de Nantes, sur un rocher dressée.
Et Korydwen d'entendre les cloches sonner.

Le premier des cavaliers, de pierreries couronné,
cheval blanc comme est blanc le marbre de Carrare en été :
- A Sainte Anne, belle païenne, je vous mènerai.
Venez venez en selle. Mais il n'eut achevé
que sa peau tombe en lanières sur son corps tout desséché,
qu'en chimères de pierre soudain se trouve changé,
et ses bras en poussière et en poudre ses deux pieds.
Et de ses cendres, cendres grises la fontaine est brouillée.

Plongeant l'épée dans l'ève, le second des cavaliers
rendit claire la source et plus fraîche d'emblée.
D'une tortue la tête ornait son casque d'acier,
ses écailles recouvraient sa cuirasse cirée.
- Qui es-tu, dit Korydwen ?
- Batholan le guerrier !
Je suis le fils de Tonkad et de l'océan suis né.
- L'océan ne fait naître que sirène ou bien que sorcier.
Au pardon de Sainte Anne jamais ne te suivrai !

De la fraîche fontaine au troisième des cavaliers,
Korydwen en sa bouche de l'ève claire a versé :
- Tu es jeune et tes yeux, tes yeux sont de jade émaillés;
de quel pays viens-tu sur ta pourpre haquenée?
- D'où je viens sept moulins tournent dans les vents salés
qui font ma barbe rose comme rose du rosier.
On m'appelle Le Rouge à Kenholl où je suis né.
A Sainte Anne au pardon, je m'en viens pour te mener.

De bondir tous les deux dessus la pourpre haquenée.
Sonnaient sonnaient les cloches de vers Nantes au clocher.
De chevaucher trois jours et deux nuits sans s'arrêter,
sans boire et sans manger, de colline en vallées.

Mais Korydwen s'étonne à la troisième soirée :
- Je n'entends plus qu'à peine les cloches sonner.
- Ce n'est rien, ce n’est rien, dit Le Rouge, mais le vent a dû tourner.
Viens, païenne, sur ma couche de paille de blé…

Ils repartent au matin dessus la folle haquenée
Ils traversent des forêts de bois de cerf dressés,
plus vertes que sont les algues et que d'Irlande les prés,
sans boire et sans manger, trois jours, deux nuits sans s'arrêter.
Mais Korydwen s'étonne à la sixième soirée :
- Je n'entend plus les cloches du Pardon sonner !
- Tu te trompes, tu te trompes Korydwen, tu te trompes ma bien-aimée;
c'est le vent qui est tombé. Il est tard, allons nous coucher…

Quand Korydwen s'éveille à la septième rosée,
elle est seule sur la couche de paille de blé :
à la place du Rouge elle découvre à son côté
des serpents et un miroir brisé.
Et Korydwen d'y plonger son regard pour le croiser,
mais le visage qui lui fait face de la faire sursauter :
c'est celui d'une vieille femme d'au moins cent et dix années
dont des serpents dévorent les pauvres seins déchirés.
Et Korydwen de voir son maigre sang couler,
et la terre le boire et sa mort arriver.
Et de son ventre froid soudain s'envole un épervier
qui plonge dans la Loire, en saumon enchanté…

   

Posté par KeridwenChaudron à 12:09 - Rouleaux d'écorces de bouleau de Bleiz le loup - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mars 2008

le scrabble du Tud Goémon

Rouleau d’écorce de bouleau N°14

Rouleau retrouvé dans un sac de peau sous le banc de nage du curragh

Les règles en sont simplifiées car Tud Goémon aime bien s'amuser mais il déteste perdre au jeu, alors pour commencer, on décide d'un commun accord, sur sa suggestion, de ne pas compter les points. Et cela vaut mieux si on ne désire pas voir voler plateau et jetons par-dessus les têtes ! Chacun joue à son tour et pose un mot comme on le pratique habituellement. Seulement les mots admis sont ceux qui le sont par tous les joueurs présents, sachant qu'à la fin de la partie chacun des joueurs devra rédiger une courte histoire les reprenant tous. Ainsi peuvent être acceptés les verbes conjugués, des prénoms, des mots étrangers, des onomatopées par exemple. De même, l'ortaugrafe peut laisser à désirer selon les connaissances des joueurs en la matière. Toutes les lettres du jeu doivent être posées, même si les derniers mots doivent être recherchés en commun.

Keridwen se prête de bonne grâce au scrabble du Tud Goémon car ça lui change un peu de ses longues soirées solitaires en tête à tête avec la lune. Pour la partie narrée ici, quatre joueurs ont participé, peut être en trouverez-vous trace sur d'autres supports, blogs ou rouleaux d'écorce de bouleau. Vous pouvez aussi vous prêter au jeu et laisser trace de votre imagination en commentaire.

Voici la liste des mots de la partie jouée une nuit de pleine lune, de grande marée et de tempête :

  • poing
  • tie

  • nouveautés

  • cobra

  • jouer

  • caillées

  • pas

  • eh !

  • trek

  • pendait

  • Hi !

  • tau

  • noyé

  • ridées

  • alu

  • ah !

  • larver

  • ein

  • tonnes

  • faxa

  • lit

  • gnome

  • tamis

  • fêtes

  • Dewi

  • miellées

  • F.A.Q.

  • boucs

  • muez

  • énervé

Et voici la petite histoire rédigée par Keridwen, grignotant ses tartines beurrées le lendemain matin de la partie :

Quelles nouveautés pour les fêtes de Beltaine, Ein le gnome, allait-il proposer cette année ? D'un pas décidé, le poing sur la hanche, il se lança sur le chemin qui mène au repère de son ami Dewi. Un vrai trek ! La longue route à parcourir lui laissa le temps de réfléchir.

"Ah ! pensa-t-il, allons-nous jouer à sauter au-dessus d'un feu de joie ? Rien de nouveau à ce jeu, hélas, on le pratique chaque année !"

Il arriva un peu énervé à la cabane de Dewi. Celui-ci habitait entre les racines d'un vieux gros chêne, sous un tau fait de feuilles brunes et dorées cousues entre elles par des aiguilles de pin et tendu sur une armature constituée des os du squelette de bras de chauve-souris.

"Eh ! Bien le bonjour ami !" dit le gnome en entrant sous l'abri. "Salut à toi, cher Ein ! Que nous vaut ta visite si loin de chez toi ?". "Hi !" s'exclama le cobra aux reflets d'alu qui pendait au-dessus du lit. "Do you want use me like a tie ?" demanda-t-il au gnome ahuri (nota: Keridwen est très peu à l'aise avec la langue anglaise parlée par ce cobra).

"Merci bien, non, sans façon. Dewi, je suis noyé d'incertitudes au sujet des fêtes de Beltaine. Je ne sais quoi faire pour innover un peu.

_ Oh ! N'en fais pas des tonnes ! Un jeu du feu, où chacun saute par-dessus fera l'affaire.

_  Justement, le conseil du village m'a chargé de trouver quelque chose d'inhabituel.

_ Hum. Laisse-moi réfléchir.

Et Dewi sorti deux bols qu'il posa sur la table et emplit de savoureuses caillées miellées passées au tamis. Leur surfaces blanches et ridées allécha le gnome qui pour le coup en oublia sa requête.

"Muez ! dit le cobra. Faites une course de mue. Beltaine est la fête du printemps, c'est la bonne saison pour ce jeu.

_ Pff ! répondit Ein, autant jouer à saute-boucs !"

Vexé, le serpent retourna se larver sur l'édredon.

"Ecoute, ami, décida tout d'un coup Dewi, je vais poster une F.A.Q. sur mon blog pour susciter quelques idées auprès de mes lecteurs.

_ Excellent ! se réjouit le gnome.

Rasséréné, il put s'en retourner au village où quelques jours plus tard il constata que Dewi avait tenu parole. Il copia la F.A.Q. et la faxa à son tour à son réseau de contacts. Eurent-ils beaucoup de répnses ? L'histoire ne nous le dit pas. Cependant aujourd'hui, force est de constater qu'on joue toujours à saute-moutons par-dessus le feu à chaque fête de Beltaine.

   

Posté par KeridwenChaudron à 23:19 - Rouleaux d'écorces de bouleau de Bleiz le loup - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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